C'est notre dernier jour. Nous avons donné rendez-vous à Tô à 10 heures. Il doit nous conduire à Tana, rendre visite à l'association du Père Pédro. Il ne nous donne guère plus de précisions. Après le repas de midi, nous irons au Marché de la Digue, pour les ultimes emplettes.
La Peugeot se fraye un passage, à coups de klaxons et se dirige vers le haut de Tananarive.
Sous le tunnel, il y a toujours cette femme assise avec ses deux ou trois gamins. Elle est à hauteur des gaz d'échappement, dans la pénombre et l'odeur nauséabonde. Nous arrivons dans le quartier, et curieusement, il est beaucoup plus propre, mieux entretenu.... et il n'y a pratiquement pas de mendiants !
Nous stoppons sur un parking, près d'un immense gymnase. Des personnes nous accueillent en souriant, prennent nos coordonnées et nous demandent de les suivre. J'avoue ne pas comprendre grand chose. Je suppose qu'elle nous conduise à un ou une dirigeante de l'association.
Tout à coup, s'élèvent des chants .... des cris de liesse. On nous fait entrer dans le gymnase. C'est la messe du Père Pédro... Il y a au moins 3 ou 4 000 personnes dans ce gymnase. Çà danse et ça chante au rythme des musiciens. Il y a des enfants dans les gradins... qui agitent là, des pompons jaunes, là des bleus... Nous en prenons plein les yeux. Nous qui sommes athée... Eh bien on frissonne, le coeur bat. Nous restons près d'une heure en admiration devant un tel spectacle...
Au terme de cette cérémonie, nous donnons nos derniers médicaments à une responsable. Nous achetons un livre qui raconte les combats contre l'exclusion du Père Pédro. Bien sûr, je me le fais dédicacer et engage une courte discussion avec le Père et lui signifie mon admiration pour son combat... Il me dit qu'il se rendra en France bientôt... En Vendée, au Puy du Fou...
Enchantés, nous quittons ce lieu de partage! Cette association humanitaire se nomme AKAMASOA( les bons amis ). Elle a été créé en 1989 par le Père Pédro OPEKA. Elle a pour but d'assurer la réhabilitation humaine, la réinsertion économique et sociale des plus pauvres.
Ce sont des centaines de familles tirées des pires taudis, des rues et des tas d'ordures, qui, aujourd'hui vivent dignement. Je vous recommande de visiter les sites internet de cette belle association.
Le midi, Tô, nous dépose dans un restau chic ! Nous réservons pour le soir. Le marché de la digue est vite parcouru, nous choisissons vite et ciblons nos étals... On achète encore des bracelets et des colliers !!! Plus des objets sympas !
Tô, nous reconduit à Ivato... Il reviendra nous chercher à 18 H 00. Pendant ce temps, nous commençons les valises, et veillons aux poids respectifs.
Le soir c'est un dîner à trois. Les Vasas mangent malgache, et le Malgache mange français ! Tô, qui mange " bien " a tendance à abuser.
Nous réglons la note. Je me déleste de mes derniers Ariarys, que je glisse dans la main de Tô. Je garde simplement le pourboire des porteurs pour demain matin. Nous sortons, il pleut...
Nous rentrons à Ivato. Notre chauffeur sera là, demain à 5 H 30.
Vite au lit.